Après la sortie
Il y a ce moment que j’attends presque autant que la sortie à vélo.
L’eau chaude efface peu à peu la fatigue des kilomètres parcourus. Par la fenêtre de l’alcôve, mon regard se pose sur le kiosque, la piscine et le jardin baignés par la lumière dorée de la fin d’après-midi.
L’été est partout.
Il y a cette odeur si particulière de la campagne réchauffée par le soleil, celle des herbes, des roses, des arbres fruitiers et de la pierre encore tiède. Une odeur qui, à elle seule, fait revenir tous les souvenirs des plus beaux étés.
Le corps se relâche. Les muscles se détendent. La peau retrouve sa douceur. L’esprit ralentit.
Puis vient cette sensation, aussi discrète que précieuse.
J’entends les enfants rire dehors. Les chiens traversent le jardin avec leur insouciance habituelle. Je sais que ceux que j’aime sont là, tout près de moi.
Et soudain, je prends conscience que je suis heureuse.
Profondément heureuse.
Pas parce qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire.
Mais justement parce qu’il ne se passe rien.
Nous sommes au cœur de l’été. Les journées semblent infinies. J’ai perdu la notion du temps. Il n’y a plus d’horaires, plus d’obligations, plus de jugement, plus d’attentes.
Seulement cette sensation rare d’avoir enfin assez.
Assez de temps.
Assez de calme.
Assez de lumière.
Assez d’amour autour de moi.
Dans quelques instants, nous préparerons le dîner ensemble. Les fenêtres seront ouvertes sur le jardin. Les parfums de la cuisine se mêleront à ceux de l’été, les conversations suivront leur cours et la soirée s’installera doucement.
Je me dis souvent que le vrai bonheur ressemble à cela.
Il ne fait pas de bruit.
Il ne cherche pas à impressionner.
Il se cache dans ces instants simples où l’on réalise que l’on est exactement à la bonne place, au bon moment, entouré des bonnes personnes.
C’est cette douceur de vivre que nous avons envie de partager au Clos.
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